En une phrase

La science est la connaissance méthodique d'objets visés comme universels, démontrables et corrigibles — ce qui la distingue à la fois de l'opinion, du rêve métaphysique et de la simple technique.

Le problème central

La science prétend connaître le réel ; mais elle se corrige sans cesse et ses théories d'hier sont les erreurs d'aujourd'hui. Faut-il dire qu'elle progresse vers le vrai (réalisme), ou qu'elle ne fait que produire des modèles ef¯ficaces dont la « vérité » n'est qu'un effet rhétorique (constructivisme) ?

Distinctions fondamentales

Thèses majeures

1. La science comme connaissance démontrée (Aristote, classiques) — La science (épistèmè) est connaissance par les causes, nécessaire et universelle. Elle s'oppose à l'opinion (doxa). Le modèle : la géométrie d'Euclide, système déductif partant d'axiomes.

2. La science comme observation et induction (Bacon, empirisme) — La science part de l'expérience. On induit des lois générales à partir d'observations. Mais l'induction ne donne jamais de certitude absolue : on peut toujours rencontrer un cygne noir (Hume).

3. La science comme falsifiable (Popper) — Ce qui distingue la science, ce n'est pas qu'elle se vérifie mais qu'elle prend le risque d'être réfutée. Une théorie scientifique est celle qui dit ce qui ne peut pas arriver. La psychanalyse et le marxisme deviennent ainsi problématiques.

4. La science comme rupture épistémologique (Bachelard) — La science ne prolonge pas le sens commun, elle rompt avec lui. « Rien n'est donné, tout est construit. » L'obstacle épistémologique (l'intuition trompeuse) doit être franchi. La science est essentiellement réflexive.

5. La science comme paradigme (Kuhn) — La science normale fonctionne dans un cadre (paradigme) qui définit ses questions et méthodes. Quand les anomalies s'accumulent, une révolution scientifique remplace le paradigme. Le progrès scientifique est discontinu, non linéaire.

Faux problèmes et pièges