La distinction en une formule
Le vrai est ce qui est conforme à la réalité ; le probable est ce qui a des raisons sans être prouvé ; le certain est ce dont je suis assuré subjectivement.
Origine philosophique
Aristote distingue déjà le nécessaire (toujours vrai), le contingent (peut être autrement) et le probable (vrai pour la plupart du temps). Pascal et Leibniz fondent le calcul des probabilités. Descartes cherche la certitude comme critère subjectif du vrai. Hume montre que beaucoup de nos certitudes pratiques ne sont que des probabilités habituées.
Exemples canoniques
- Vrai : un triangle a trois côtés (nécessairement).
- Probable : il pleuvra demain (forte probabilité statistique).
- Certain : je suis convaincu que mon ami me dit la vérité (assurance subjective).
- Cas critique : je peux être certain d'une chose fausse (mirage, erreur de mémoire). Je peux savoir une chose vraie sans être certain (hésiter sur une réponse correcte).
Pièges et confusions
- Confondre vrai et certain : c'est l'erreur cartésienne, redressée par Kant. La certitude est psychologique, la vérité est logique ou ontologique.
- Confondre probable et vraisemblable : le vraisemblable a l'apparence du vrai (peut tromper) ; le probable a un degré mesurable de vérité.
- « Très probable » ≠ vrai : la probabilité n'a pas de seuil au-delà duquel elle devient vérité.
- En science, beaucoup d'énoncés pris pour des vérités sont en réalité des hautes probabilités confirmées.
Sujets décisifs
- Peut-on être certain de se tromper ?
- Une vérité probable est-elle encore une vérité ?
- La certitude est-elle un critère du vrai ?
- Faut-il se contenter de probabilités ? (en science, en justice, en morale).