En une phrase

L'inconscient désigne ce qui agit en moi sans que j'en aie conscience — et exige donc de penser un sujet psychique non transparent à lui-même.

Le problème central

Si tout ce qui est psychique est conscient (Descartes), parler d'« inconscient psychique » est contradictoire. Mais si l'on rejette cette identification, comment penser qu'« en moi » des forces opèrent sans moi ? Le problème est à la fois ontologique (quel est le mode d'être de l'inconscient ?) et éthique (suis-je responsable de ce qui m'échappe ?).

Distinctions fondamentales

Thèses majeures

1. L'identité psychique-conscient (Descartes, philosophie classique) — Le psychique est par essence conscient. Ce qu'on appelle « inconscient » est soit du corps, soit du flou, soit de l'oubli. Pas de pensée non pensée par un sujet.

2. L'inconscient comme dynamique refoulée (Freud) — Le psychisme se structure en trois instances (Ça, Moi, Surmoi). L'inconscient n'est pas l'absence de pensée mais une pensée organisée selon ses lois propres (déplacement, condensation), accessible obliquement par le rêve, le lapsus, le symptôme. Texte : Freud — L'inconscient.

3. L'inconscient comme illusion (Sartre) — Postuler un inconscient, c'est se dédouaner. Il n'y a pas un « ça » qui agit en moi : il y a un « je » qui se ment. La mauvaise foi remplace l'inconscient. La conscience est totale et la responsabilité aussi.

4. L'inconscient comme structure (Lacan) — « L'inconscient est structuré comme un langage. » Il n'est pas un magma pulsionnel mais un ordre de signifiants. Ce qui me détermine, ce sont moins mes pulsions que ma place dans la chaîne symbolique.

5. L'inconscient comme infra-individuel (Marx, Nietzsche) — Avant Freud, des déterminations qui m'échappent peuvent être économiques (rapports de production produisant l'idéologie) ou physiologiques (volonté de puissance, corps comme « grande raison »).

Faux problèmes et pièges