À quoi sert cette page

Tu as travaillé la méthode dans Méthode. Ici, on passe à l'entraînement pur. Plein d'exercices, gradués du plus simple au plus exigeant, pour transformer le réflexe « je raconte un cas » en « je fais parler un cas ».

Exemple bien utilisé = Argument déjà posé → Cas précis qui incarne la raison → Description sélective → Analyse explicite (« ce cas montre que… »).

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Niveau 1 — Reconnaître

Objectif : repérer un exemple bien utilisé et nommer précisément ce qui manque dans les exemples ratés.

Exercice 1.1 — Diagnostiquer l'usage de l'exemple

Pour chaque passage, indique le diagnostic parmi : exemple bien analysé, exemple décoratif (posé sans analyse), exemple-récit (raconte sans rendre signifiant), exemple flou (trop vague pour être un cas), exemple qui contredit l'argument.

a) « Le pouvoir corrompt celui qui l'exerce. Par exemple, on peut penser à Napoléon. C'était un grand homme, mais il est devenu empereur, puis il a fait beaucoup de guerres. Il est mort à Sainte-Hélène en 1821. »

b) « Le pouvoir corrompt celui qui l'exerce, parce qu'il écarte progressivement l'individu de ceux qui pourraient le contredire. Le phénomène du « cercle rapproché » des dirigeants politiques le rend visible : entourés de conseillers sélectionnés pour leur loyauté, ils finissent par n'entendre que ce qui conforte leurs décisions. Ce n'est pas que ces dirigeants soient initialement plus mauvais que d'autres — c'est que la position elle-même supprime les conditions du désaccord. La corruption morale n'est pas un défaut individuel, c'est un effet structurel. »

c) « Le pouvoir corrompt celui qui l'exerce. On le voit dans la vie politique en général. »

d) « Le pouvoir corrompt celui qui l'exerce. Par exemple, on peut prendre le cas de Mandela, qui après 27 ans de prison est devenu président de l'Afrique du Sud et a mené une politique de réconciliation remarquable. »

e) « L'art ne se réduit pas à la beauté. Par exemple, Guernica de Picasso. »


Exercice 1.2 — Le test de retrait

Pour chaque passage, demande-toi : si je retire l'exemple, qu'est-ce qui change dans le raisonnement ?

Si rien ne change → l'exemple est décoratif.

Si l'argument devient abstrait mais reste compréhensible → l'exemple est illustratif (usage normal).

Si l'argument s'effondre → l'exemple servait en réalité de raison (piège : tu prenais l'exemple pour un argument).