La distinction en une formule
Universel : vrai pour tous, sans exception. Général : vrai pour la plupart, ou pour une classe. Particulier : vrai pour une partie déterminée. Singulier : vrai pour un seul.
Origine philosophique
Aristote distingue les propositions universelles (« tout S est P »), particulières (« quelque S est P »), singulières (« Socrate est P »). Hegel développe une dialectique de l'universel, du particulier et du singulier : le singulier concret est universel par les médiations qu'il porte.
Exemples canoniques
- Universel : « Tous les hommes sont mortels. »
- Général : « Les enfants aiment les bonbons. » (admet des exceptions).
- Particulier : « Quelques philosophes sont allemands. »
- Singulier : « Kant est philosophe. »
- En droit : les droits de l'homme se veulent universels ; les coutumes sont particulières.
Pièges et confusions
- Confondre universel et général : piège le plus fréquent. L'universel n'admet pas d'exception ; le général en admet.
- Confondre universel et global / mondial : on parle parfois d'« universel » pour « mondialement répandu » (faux universel).
- « Universel » / « universalisable » (Kant) : peut-on vouloir que la maxime de mon action devienne loi universelle ?
- L'universel comme particulier hégémonique : critique de l'universalisme occidental (Said, Spivak) : ce qu'on appelle universel serait un particulier qui s'est imposé.
Sujets décisifs
- L'universel est-il une fiction ?
- Y a-t-il des vérités universelles ? (sciences, morale, esthétique).
- Peut-on penser le singulier ? (Aristote, Hegel).
- L'art atteint-il l'universel par le singulier ?