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Lors de la séance précédente, nous avons interrogé les mutations contemporaines du travail à travers le prisme du télétravail. Nous avons vu comment les transformations technologiques et organisationnelles modifient notre rapport au travail, oscillant entre humanisation (autonomie, flexibilité) et déshumanisation (isolement, perte du collectif).
Cette réflexion sur les nouvelles formes d'organisation nous conduit naturellement à interroger le cadre plus large de l'organisation politique de la société. Si le travail structure la coexistence sociale, c'est l'État qui l'organise juridiquement et politiquement à travers les lois.
Mais que se passe-t-il lorsque la loi semble injuste ou illégitime ? L'obéissance à la loi est-elle absolue ou existe-t-il des circonstances où il devient légitime, voire nécessaire, de désobéir ? La désobéissance civile (Gandhi, Martin Luther King, lanceurs d'alerte contemporains) nous confronte à cette tension fondamentale entre légalité et légitimité, entre ordre social et conscience morale.
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Objectifs de contenu :
Objectifs méthodologiques :
Objectifs civiques :
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Questions d’éveil :
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1. Expérience de mise en abyme : "L'injustice ordinaire" (20-25 min)
Préparation (avant le cours) :
Phase 1 - La mise en scène de l'injustice (5 min)
En début de séance, après avoir salué la classe :
Phase 2 - Observation des réactions (5 min)
Observer et noter mentalement les réactions :
Puis demander : "Que pensez-vous de cette situation ?"
Laisser les élèves s'exprimer librement sur l'injustice perçue.
Phase 3 - Révélation et débrief philosophique (10-15 min)
Révéler qu'il s'agissait d'une expérience pédagogique :
Questions de débrief :
Phase 4 - Conceptualisation (5 min)
Faire émerger les concepts philosophiques :
Amener la problématique : « Peut-on légitimement désobéir à la loi ? »
⚠️ Précautions pédagogiques :
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Contexte : Dans Le Léviathan (1651), Thomas Hobbes développe sa théorie du contrat social en partant d'une analyse de l'état de nature, c'est-à-dire l'état hypothétique dans lequel vivraient les hommes en l'absence de pouvoir politique organisé. Pour Hobbes, cet état est caractérisé par la guerre permanente, ce qui justifie l'instauration d'un pouvoir absolu.
"Tant que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tient tous en respect, ils sont dans cette condition qui se nomme guerre, et cette guerre est guerre de chacun contre chacun. Car la guerre ne consiste pas seulement dans la bataille et dans les combats effectifs ; mais dans un espace de temps où la volonté de s'affronter en des batailles est suffisamment avérée : on doit par conséquent tenir compte, relativement à la nature de la guerre, de la notion de durée, comme on en tient compte relativement à la nature du temps qu'il fait. De même en effet que la nature du mauvais temps ne réside pas dans une ou deux averses, mais dans une tendance qui va dans ce sens, pendant un grand nombre de jours consécutifs, de même la nature de la guerre ne consiste pas dans un combat effectif, mais dans une disposition avérée, allant dans ce sens, aussi longtemps qu'il n'y a pas d'assurance du contraire. Tout autre temps se nomme paix.
C'est pourquoi toutes les conséquences d'un temps de guerre, où chaque homme est l'ennemi de chaque homme, sont aussi les conséquences d'un temps où les hommes vivent sans autre sécurité que celle que leur propre force et leur propre capacité d'invention leur donneront. Dans un tel état, il n'y a aucune place pour une activité laborieuse, parce que son fruit est incertain ; et par conséquent aucune culture de la terre, aucune navigation, aucun usage de marchandises importées par mer, aucune construction convenable, aucun engin pour déplacer et enlever les choses qui exigent beaucoup de force, aucune connaissance de la surface de la terre, aucune mesure du temps, pas d'arts, pas de lettres, pas de société ; et ce qui est le pire de tout, la crainte et le risque continuels d'une mort violente ; la vie de l'homme est alors solitaire, indigente, dégoûtante, animale et brève."
Thomas Hobbes, Léviathan, 1651, Première partie, chapitre XIII
Idées clés :
Contexte : Dans Du contrat social (1762), Rousseau propose une vision radicalement différente du contrat social. Contrairement à Hobbes, il ne s'agit pas de sacrifier la liberté pour la sécurité, mais de trouver une forme d'association où chacun reste libre tout en obéissant à la loi.
"Je suppose les hommes parvenus à ce point où les obstacles qui nuisent à leur conservation dans l'état de nature, l'emportent par leur résistance sur les forces que chaque individu peut employer pour se maintenir dans cet état. Alors cet état primitif ne peut plus subsister, et le genre humain périrait s'il ne changeait sa manière d'être.
Or comme les hommes ne peuvent engendrer de nouvelles forces, mais seulement unir et diriger celles qui existent, ils n'ont plus d'autre moyen pour se conserver, que de former par agrégation une somme de forces qui puisse l'emporter sur la résistance, de les mettre en jeu par un seul mobile et de les faire agir de concert.
Cette somme de forces ne peut naître que du concours de plusieurs : mais la force et la liberté de chaque homme étant les premiers instruments de sa conservation, comment les engagera-t-il sans se nuire, et sans négliger les soins qu'il se doit ? Cette difficulté ramenée à mon sujet peut s'énoncer en ces termes.
« Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant. » Tel est le problème fondamental dont le contrat social donne la solution.
Les clauses de ce contrat sont tellement déterminées par la nature de l'acte, que la moindre modification les rendrait vaines et de nul effet ; en sorte que, bien qu'elles n'aient peut-être jamais été formellement énoncées, elles sont partout les mêmes, partout tacitement admises et reconnues."
Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, 1762, Livre I, chapitre VI
Idées clés :
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