La distinction en une formule
La ressemblance est un rapport de similarité sensible et qualitative (deux visages se ressemblent). L'analogie est une identité de rapport (A est à B ce que C est à D).
Origine philosophique
Aristote distingue l'analogie métaphorique de la simple comparaison. Kant pose l'analogie comme procédé cognitif légitime quand on ne peut connaître directement (analogies de l'expérience). La théologie thomiste use de l'analogie pour parler de Dieu (analogia entis). La science recourt à l'analogie comme heuristique (Bohr et son atome planétaire).
Exemples canoniques
- Ressemblance : deux frères se ressemblent ; le portrait ressemble au modèle.
- Analogie : le cœur est à la circulation ce que la pompe est à un circuit hydraulique. L'œil est à la vision ce que l'oreille est à l'ouïe.
- Analogie philosophique : « L'État est au corps social ce que le pilote est au navire » (Platon).
- Faux : confondre un modèle par analogie (heuristique) avec une description littérale (le cerveau n'est pas vraiment un ordinateur).
Pièges et confusions
- Confondre les deux : piège le plus fréquent. La ressemblance est sensible et bilatérale ; l'analogie est structurale et quadrilatérale (au moins quatre termes).
- Argument par analogie possède des limites : il suggère mais ne démontre pas.
- Confondre analogie et métaphore : la métaphore est une figure de style ; l'analogie est une opération cognitive (la métaphore peut reposer sur une analogie).
- L'analogie peut naïvement transporter des propriétés d'un domaine à l'autre (« le cerveau → ordinateur → le cerveau est programmé »).
Sujets décisifs
- L'analogie est-elle un raisonnement ?
- La science peut-elle se passer d'analogies ?
- Peut-on parler de Dieu par analogie ?
- L'art imite-t-il par ressemblance ou par analogie ?