La distinction en une formule
Le principe est ce à partir de quoi on raisonne (premier dans l'ordre du savoir). La cause est ce à partir de quoi un effet se produit (premier dans l'ordre du réel). La conséquence est ce qui découle (logiquement ou réellement) de ce qui précède.
Origine philosophique
Aristote : les « principes premiers » (identité, non-contradiction, tiers exclu) ne se démontrent pas, ils fondent toute démonstration. Leibniz formule deux principes architectoniques : non-contradiction et raison suffisante. La distinction principe / cause / conséquence permet de ne pas mélanger le plan logique et le plan ontologique.
Exemples canoniques
- Principe : « Aucun être ne peut être et ne pas être en même temps sous le même rapport » (non-contradiction).
- Cause : le virus est la cause de la maladie.
- Conséquence logique : si tous les hommes sont mortels et Socrate est homme, alors Socrate est mortel.
- Conséquence réelle : la fumée qui suit le feu.
Pièges et confusions
- Confondre conséquence logique et conséquence causale : « la fumée prouve qu'il y a du feu » (conséquence épistémique) ; « le feu produit de la fumée » (conséquence causale).
- Confondre principe et cause : le principe d'inertie n'est pas la cause du mouvement, c'est la règle qui le décrit.
- « Par principe » : peut signifier en vertu d'une règle (sens fort) ou par parti pris (sens dépréciatif).
- Confondre principe et axiome : l'axiome est un principe posé sans démonstration ; le principe peut être intuitif sans être posé formellement.
Sujets décisifs
- Peut-on remonter à un principe premier ? (régression à l'infini, nécessité d'arrêter).
- Une conséquence funeste invalide-t-elle un principe ? (éthique : tuer un innocent pour en sauver mille).
- Faut-il avoir des principes ? (éthique de conviction / éthique de responsabilité, Weber).