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Gabarit : définition · usage philosophique · usage littéraire · pièges à éviter
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Définition
Ce qui viendrait après l'humain, soit par dépassement biologique et technique (modifications génétiques, augmentations cognitives, fusion homme-machine, immortalité numérique), soit par renouvellement philosophique de la définition de l'humain (déconstruction du sujet humaniste classique, refus de l'anthropocentrisme). Le terme est volontairement ambigu et recouvre des positions très diverses — d'où l'importance de distinguer transhumanisme et posthumanisme.
Usage philosophique
- Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra (1883-1885) : annonce du surhumain (Übermensch) comme dépassement. « L'homme est quelque chose qui doit être surmonté. » Précurseur philosophique, mais Nietzsche pense un dépassement par les valeurs, non par la technique.
- Foucault, Les Mots et les choses (1966), conclusion : « L'homme est une invention dont l'archéologie de notre pensée montre aisément la date récente. Et peut-être la fin prochaine. » « On peut bien parier que l'homme s'effacerait, comme à la limite de la mer un visage de sable. » L'humain comme figure historique, non comme essence éternelle.
- Transhumanisme (variante technique) : Nick Bostrom (Are You Living in a Computer Simulation?, 2003 ; Superintelligence, 2014) ; Ray Kurzweil (The Singularity Is Near, 2005) ; Max More — l'humain à perfectionner par la technique (augmentations, téléchargement de conscience, longévité radicale).
- Posthumanisme philosophique (variante critique) : Donna Haraway (Manifeste cyborg, 1985 ; When Species Meet, 2008) — l'humain a toujours été hybride, jamais pur ; Rosi Braidotti (The Posthuman, 2013) — repenser la subjectivité au-delà de l'humanisme cartésien.
- Bioéthique : Habermas (L'Avenir de la nature humaine, 2001) et Michael Sandel (The Case Against Perfection, 2007) — défense critique d'une nature humaine contre les augmentations.
Usage littéraire
- Mary Shelley, Frankenstein (1818) : anticipation matricielle. La créature pose la question de l'humain artificiel.
- Cyberpunk : William Gibson (Neuromancien, 1984) ; Bruce Sterling. Mondes saturés de technique où la frontière humain-machine s'estompe.
- Houellebecq, La Possibilité d'une île (2005) ; Les Particules élémentaires (1998) — fictions du remplacement de l'humain par une espèce nouvelle.
- Kazuo Ishiguro : Auprès de moi toujours (2005, sur les clones) ; Klara et le Soleil (2021, sur une IA-compagne).
- Séries et cinéma : Black Mirror ; Westworld ; Ex Machina ; Her.
Pièges à éviter
- Distinguer rigoureusement transhumanisme (projet d'ingénierie : amélioration technique de l'humain) et posthumanisme philosophique (critique du sujet humaniste classique, refus de l'anthropocentrisme). Les deux sens coexistent dans le mot posthumain, mais les projets sont presque opposés.
- Le posthumain n'est pas nécessairement futur : il décrit aussi notre condition actuelle d'humains déjà augmentés par les techniques (lunettes, médicaments, smartphone, prothèses).
- Ne pas céder ni au technophorisme ni au technophobisme : la question est politique (qui décide de l'humanité augmentée ? qui y aura accès ?), non métaphysique.
- Le surhumain de Nietzsche n'est pas le posthumain transhumaniste : Nietzsche le récuserait probablement, son projet étant une transformation des valeurs, non du génome.