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Gabarit : présentation · extrait · enjeux · explication linéaire · prolongements
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La Phénoménologie de la perception de Maurice Merleau-Ponty paraît en 1945 comme thèse principale (avec La Structure du comportement, 1942, comme thèse complémentaire). C'est l'ouvrage fondateur d'une phénoménologie française distincte de celle de Husserl et de celle de Sartre.
La thèse centrale : la perception n'est pas une opération intellectuelle qui synthétise des données sensorielles brutes ; elle est le mode d'être au monde du corps propre. Avant toute pensée, je suis déjà au contact d'un monde par mon corps — non par mon œil, mon oreille ou ma main pris isolément, mais par mon corps comme totalité sentante.
L'œuvre développe deux concepts décisifs :
Merleau-Ponty conteste à la fois l'empirisme (qui réduit la perception à une réception passive de sensations) et l'intellectualisme (qui en fait une construction de l'esprit). La perception a sa propre logique, antérieure et irréductible à la pensée réflexive.
Le corps est notre moyen général d'avoir un monde. Tantôt il se borne aux gestes nécessaires à la conservation de la vie, et corrélativement il pose autour de nous un monde biologique ; tantôt, jouant de ces premiers gestes et passant de leur sens propre à un sens figuré, il manifeste à travers eux un nouveau noyau de signification : c'est le cas des habitudes motrices comme la danse. Tantôt enfin, la signification visée ne peut être rejointe par les moyens naturels du corps ; il faut alors qu'il se construise un instrument, et il projette autour de lui un monde culturel. […] Je ne suis donc pas, suivant la formule célèbre, un être pensant qui se trouve avoir un corps, mais je suis, comme on dit, au monde par mon corps, et le monde est, pour moi, le sol et le théâtre de toutes mes actions.
— Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception*, IIᵉ partie (1945, extrait)*
1. La proposition fondatrice. « Le corps est notre moyen général d'avoir un monde. » Phrase axiomatique. Le corps n'est pas un objet dans le monde, c'est l'organe qui me donne accès au monde. Sans corps, pas de monde — non parce que je serais nulle part, mais parce que je serais sans relation perceptive.
2. La gradation des trois mondes. Merleau-Ponty distingue trois strates : le monde biologique (gestes vitaux), le monde culturel acquis (habitudes motrices, danse), le monde technique (instruments). Le corps n'a pas un seul rapport au monde, il en a plusieurs — emboîtés, articulés. La danse est un acte corporel qui n'a plus rien à voir avec la conservation biologique, mais qui prolonge néanmoins le rapport corporel premier.
3. Le passage du naturel au culturel. « Jouant de ces premiers gestes et passant de leur sens propre à un sens figuré » : le corps ne se borne pas à ses fonctions originelles, il les transpose. Le geste qui servait à attraper devient le geste qui désigne, qui salue, qui se rappelle. La culture pousse sur le sol corporel.