La distinction en une formule
L'hypothèse est une proposition posée provisoirement pour examiner ce qu'elle entraîne. La conséquence est ce qui découle de l'hypothèse. La conclusion est la proposition établie au terme d'un raisonnement.
Origine philosophique
Dans le raisonnement hypothético-déductif (Claude Bernard, Popper), on tire d'une hypothèse des conséquences testables ; si elles sont infirmées, l'hypothèse est réfutée. La logique distingue modus ponens (si p alors q ; or p ; donc q) et modus tollens (si p alors q ; or non-q ; donc non-p). Toute la science expérimentale fonctionne ainsi.
Exemples canoniques
- Hypothèse : « Si la Terre tourne autour du Soleil, alors les étoiles devraient présenter une parallaxe annuelle. »
- Conséquence : on devrait observer ce déplacement.
- Conclusion : Bessel l'observe en 1838, donc l'hypothèse héliocentrique est confirmée (mais non démontrée absolument).
- Hypothèse réfutée : « Si la lumière est purement corpusculaire, pas d'interférences. » Or interférences observées (Young) : hypothèse invalidée.
Pièges et confusions
- Confondre conséquence et conclusion : la conséquence est la suite logique de l'hypothèse ; la conclusion clot le raisonnement complet.
- Confondre confirmer et démontrer : observer la conséquence prédite ne prouve pas l'hypothèse (sophisme d'affirmation du conséquent). Une autre cause pouvait produire le même effet.
- « Ce n'est qu'une hypothèse » : une hypothèse scientifique a un statut épistémique fort, même non démontrée.
- Confondre hypothèse et postulat : l'hypothèse sera testée ; le postulat est admis sans test.
Sujets décisifs
- L'expérience prouve-t-elle l'hypothèse ?
- Peut-on conclure sans avoir tout vérifié ?
- Faut-il faire des hypothèses en philosophie ?