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Avant de commencer. Rédiger avec rigueur, ce n'est pas écrire « élégamment » — c'est écrire précisément, de sorte que chaque phrase dise une chose identifiable, contestable, et articulée à la suivante. À chaque exercice, garde en tête la question magique : « Si quelqu'un qui n'est pas dans ma tête lisait cette phrase, comprendrait-il exactement — et uniquement — ce que je veux dire ? » Si la réponse est non, la phrase n'est pas finie de penser.
Deux tests rapides à garder en réserve : (1) peux-tu reformuler ta phrase en termes plus simples sans rien perdre ? (2) quelqu'un pourrait-il raisonnablement la contester ? Si la phrase est trop vague pour qu'on puisse la nier, elle ne dit rien.
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5 à 10 minutes. Apprendre à voir le flou avant de le produire.
Pour chaque phrase, identifie précisément le type de flou : phrase-brouillard, mot-valise, enchainement invisible, jargon creux, dérobade (phrase qui se protège), pronom fantôme. Plusieurs défauts peuvent coexister.
Coup de pouce. Le flou n'est pas une seule maladie : c'est une famille. Brouillard = la phrase n'affirme rien de précis. Mot-valise = un mot-clé est utilisé sans être déterminé. Enchaînement invisible = la phrase est juste mais le lien avec la précédente n'est pas clair. Jargon creux = des termes techniques empilés sans maîtrise. Dérobade = la phrase se vide d'elle-même sous les précautions. Pronom fantôme = « cela », « ce qui », « il » sans référent identifiable.
Pour chaque phrase, dis si elle est contestable (quelqu'un pourrait raisonnablement la nier, donc elle dit quelque chose) ou si elle est tellement vague qu'elle n'engage rien. Si elle est inattaquable, c'est en général un mauvais signe.