La distinction en une formule
La cause est ce qui produit un effet (par derrière, par poussée) ; la fin est ce en vue de quoi quelque chose se fait (par devant, par attraction).
Origine philosophique
Aristote distingue quatre causes : matérielle (ce dont c'est fait), formelle (ce que c'est), efficiente (par quoi cela est produit) et finale (en vue de quoi). La modernité (Descartes, Bacon) évacue la cause finale de la science : la nature s'explique par causes efficientes seules. La biologie contemporaine réintroduit prudemment la finalité (téléonomie).
Exemples canoniques
- Cause efficiente : le caillou casse la vitre.
- Cause finale : on lance le caillou pour casser la vitre.
- Le cœur bat parce que (cause) il est contracté par les nerfs ; le cœur bat pour (fin) faire circuler le sang.
- Cause sans fin : la pluie tombe sans « vouloir » mouiller.
- Fin sans cause ? : un idéal n'a pas encore « causé » ma conduite, mais il l'oriente.
Pièges et confusions
- Confondre cause et raison : la cause produit, la raison justifie. « Pourquoi est-il en retard ? » peut appeler une cause (panne) ou une raison (négligence). Leibniz : principe de raison suffisante.
- Confondre fin et terme : la fin est le but, le terme est la cessation. La fin de la vie (objectif) n'est pas sa fin (mort).
- Confondre finalité et intention : un organe a une fin (fonction) sans avoir intention. Toute fin n'est pas conscience d'un but.
- « Tout a une cause » / « tout a un sens » : confusion déterminisme / finalisme.
Sujets décisifs
- La nature a-t-elle des fins ? (Aristote vs. Descartes).
- La science peut-elle se passer de cause finale ?
- Mes actions sont-elles causées ou orientées ? (déterminisme / liberté).
- Connaître une chose, est-ce connaître sa cause ?