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Gabarit : présentation · extrait · enjeux · explication linéaire · prolongements

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Présentation

La Rhétorique d'Aristote (vers 335–322 av. J.-C.) est le premier traité systématique de l'art oratoire dans la tradition occidentale. Aristote y propose de réhabiliter une discipline que Platon, son maître, avait condamnée dans le Gorgias comme simple flatterie. La Rhétorique se compose de trois livres : le Livre I définit la rhétorique et ses genres ; le Livre II analyse les passions et les caractères ; le Livre III traite du style et de la composition.

Le Livre I, chapitre 2 est le passage canonique : Aristote y définit la rhétorique comme « la faculté de découvrir, pour chaque sujet donné, ce qui peut être propre à persuader » (1355b 25-26), et distingue les trois espèces de preuves techniques : l'ethos (le caractère que l'orateur projette), le pathos (les passions qu'il suscite chez l'auditoire) et le logos (l'argumentation proprement dite).

Extrait

Donc, des preuves fournies par le discours, il y a trois espèces : les unes résident dans le caractère [ethos] de l'orateur, les autres dans la disposition où l'on met l'auditeur [pathos], les autres enfin dans le discours même [logos], parce qu'il démontre ou paraît démontrer. On persuade par le caractère, quand le discours est de nature à rendre l'orateur digne de foi ; car les honnêtes gens nous inspirent confiance plus grande et plus prompte sur toutes les questions en général, et confiance entière sur celles qui ne comportent point de certitude et laissent une place au doute. Mais il faut encore que cette confiance soit l'effet du discours, non d'une prévention sur le caractère de l'orateur. […] On persuade par les auditeurs, quand ceux-ci sont amenés à éprouver une passion par le discours ; car les jugements que nous portons varient, suivant que nous ressentons peine ou plaisir, amitié ou haine. […] Enfin, c'est par le discours que l'on persuade, toutes les fois que l'on démontre la vérité, réelle ou apparente, d'après ce qui, sur chaque sujet, est capable de persuader.

— Aristote, Rhétorique*, I, 2, 1356a (trad. Ruelle, légèrement modernisée)*

Enjeux

Explication linéaire

1. La triple typologie. Aristote pose d'emblée que les preuves « fournies par le discours » se distribuent en trois espèces. Le critère n'est pas le contenu (le sujet traité) mais la source de la conviction : où, dans le triangle de la communication, naît la force persuasive ?

2. L'ethos. L'orateur persuade par ce qu'il paraît être. Aristote précise un point décisif : cette confiance doit naître du discours lui-même, non d'une réputation antérieure. C'est donc une construction interne à l'acte oratoire — l'orateur se fabrique un ethos en parlant. Cette précision arrache l'ethos à la pure flatterie : il devient une mise en forme rationnelle de la crédibilité.

3. Le pathos. L'auditoire ne juge pas en pure raison. « Nous ne portons pas le même jugement » sous l'effet de la joie ou du chagrin. Reconnaître cela n'est pas avilir le discours : c'est prendre acte d'une condition de la réception, donc d'une condition de l'efficacité.

4. Le logos. Enfin, le discours persuade « toutes les fois que l'on démontre la vérité, réelle ou apparente ». Le « ou apparente » est crucial : la rhétorique opère sur le vraisemblable, non sur la démonstration au sens strict. Elle est l'analogue, dans l'ordre pratique, de la dialectique dans l'ordre théorique.

Prolongements