La distinction en une formule
L'absolu vaut par soi, sans relation à autre chose. Le relatif vaut par rapport à quelque chose d'autre.
Origine philosophique
Distinction métaphysique majeure. L'Absolu (Dieu, l'Un néoplatonicien, l'Esprit hégélien) est ce qui ne dépend de rien. Les relatifs sont les êltres finis, en rapport mutuel. Einstein donne au mot « relatif » un sens technique : les mesures de temps et d'espace dépendent du référentiel (et non : « tout est subjectif » — contresens fréquent). En morale : universalisme (valeurs absolues) vs. relativisme (valeurs relatives à chaque culture).
Exemples canoniques
- Absolu : Dieu (en théologie) ; les principes mathématiques.
- Relatif : la gauche et la droite (relatif au point de vue) ; le confort (relatif au contexte).
- Absolu moral : « Tu ne tueras point » dans certaines traditions ; les droits humains inaliénables.
- Relatif moral : les usages alimentaires, les codes vestimentaires.
Pièges et confusions
- « Tout est relatif » : auto-réfutation classique. Si tout est relatif, cette affirmation l'est aussi. Le relativisme absolu se contredit.
- Confondre relatif et arbitraire : ce qui est relatif à quelque chose n'est pas n'importe quoi ; il a un référent.
- Confondre absolu et universel : l'absolu est sans relation, l'universel vaut pour tous. La loi morale kantienne est universelle ; Dieu est absolu.
- Relativité einsteinienne / relativisme moral : pas de transfert légitime d'un domaine à l'autre.
Sujets décisifs
- Y a-t-il des vérités absolues ?
- La morale est-elle relative ?
- Tout est-il relatif à son point de vue ?
- Peut-on être absolument libre ? (Sartre).